La lotta al “greenwashing” sta entrando in una fase di rafforzamento a livello europeo. Gli obblighi di trasparenza sulle performance ambientali dei prodotti aumentano e, allo stesso tempo, si diffondono strumenti di valutazione come eco-score, rating di sostenibilità e indicatori “green”, sempre più utilizzati dai distributori e visibili ai consumatori. Questi sistemi incidono in modo concreto sulla percezione dei prodotti e sulle dinamiche competitive del mercato.

L’avviso n. 25-A-01 dell’“Autorité de la concurrence” francese del 9 gennaio 2025 richiama l’attenzione sulla necessità che tali dispositivi si fondino su dati affidabili, metodologie solide e adeguata trasparenza, anche nei confronti dei produttori i cui dati vengono utilizzati. Al di là del quadro regolatorio, il vero punto critico riguarda però l’assetto contrattuale tra produttori e distributori.

L’implementazione di un sistema di “scoring” implica infatti la trasmissione di dati ambientali e tecnici, la loro elaborazione da parte del distributore o di terzi incaricati e la successiva pubblicazione di una valutazione che può incidere su reputazione, vendite e responsabilità giuridica. Questa catena di utilizzo dei dati richiede una disciplina contrattuale chiara e strutturata.

È quindi opportuno definire con precisione quali dati debbano essere forniti, in quale formato e con quali tempistiche, limitando l’obbligo ai dati già disponibili e prevedendo la possibilità per il produttore di opporsi alla comunicazione in presenza di un interesse legittimo, come la tutela dei segreti commerciali o di informazioni sensibili. Allo stesso tempo, il contratto dovrebbe disciplinare il livello di trasparenza richiesto al distributore in merito ai criteri di valutazione, alla metodologia adottata e ai meccanismi di aggiornamento o correzione dei punteggi.

Un’attenzione specifica va inoltre dedicata alla proprietà dei dati e ai limiti del loro utilizzo, chiarendo che essi restano nella titolarità del produttore e che l’uso da parte del distributore è circoscritto alle finalità concordate. Centrale è anche l’allocazione della responsabilità, in particolare per quanto riguarda la conformità delle informazioni diffuse e i rischi connessi a valutazioni errate o fuorvianti. La protezione della riservatezza assume infine un ruolo essenziale, poiché i dati ambientali possono rivelare elementi sensibili relativi alla supply chain o al know-how aziendale.

Lo scoring ambientale non rappresenta dunque solo uno strumento di comunicazione, ma un fattore che incide sull’equilibrio contrattuale e sulla gestione del rischio nelle relazioni di distribuzione. Adeguare i contratti a questa evoluzione significa rafforzare la tutela dell’impresa e preservarne la competitività in un mercato sempre più orientato alla sostenibilità.

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Scoring environnemental : sur l’importance d’adapter les contrats de distribution

La lutte contre le « greenwashing » connaît une accélération significative au niveau européen. Les exigences de transparence relatives aux performances environnementales des produits se renforcent et, parallèlement, les dispositifs de « scoring environnemental » (éco-scores, indicateurs de durabilité, classements « responsables ») se multiplient sur le marché. Ces outils, de plus en plus visibles auprès des consommateurs comme des partenaires commerciaux, influencent directement la perception des produits et les décisions d’achat.

Dans ce contexte, l’avis n° 25-A-01 rendu le 9 janvier 2025 par l’Autorité de la concurrence rappelle que ces systèmes doivent reposer sur des données fiables, des méthodes robustes et un haut niveau de transparence, notamment à l’égard des fabricants dont les données sont exploitées. Au-delà de l’encadrement réglementaire, cet avis met en lumière un enjeu stratégique souvent sous-estimé : la nécessité d’anticiper contractuellement l’utilisation des données produits dans les relations entre fabricants et distributeurs.

En pratique, la mise en place d’un dispositif de notation suppose la transmission de données techniques et environnementales par le fabricant, leur traitement par le distributeur ou par un prestataire, puis la diffusion d’une note ou d’un label susceptible d’avoir un impact direct sur la commercialisation du produit et sur la responsabilité des parties. Cette chaîne d’utilisation des données appelle un encadrement contractuel précis.

Il devient ainsi essentiel de définir clairement le périmètre des données à fournir, leur format et les délais de communication, en veillant à limiter l’obligation du fabricant aux données déjà disponibles et à prévoir des mécanismes permettant de refuser une transmission en cas d’atteinte aux intérêts légitimes, notamment à la protection des secrets d’affaires. Dans le même temps, les contrats devraient organiser la transparence du dispositif de « scoring », en encadrant les critères retenus, la méthodologie de calcul et les modalités de mise à jour ou de correction des notes attribuées.

La question de la propriété des données et des droits d’usage mérite également une attention particulière. Il est recommandé de rappeler que les données demeurent la propriété du fabricant et que leur exploitation par le distributeur est strictement limitée aux finalités convenues. Enfin, la répartition des responsabilités doit être clarifiée, en particulier s’agissant de la conformité des informations diffusées au marché et des risques liés à des notations erronées ou potentiellement trompeuses. La protection des informations confidentielles, qui peuvent révéler des éléments sensibles sur les procédés ou la chaîne d’approvisionnement, constitue également un point central.

L’essor des dispositifs de « scoring environnemental » transforme ainsi la donnée produit en actif stratégique. Adapter les contrats de distribution à cette nouvelle réalité n’est plus une option mais un levier de maîtrise des risques juridiques, concurrentiels et réputationnels, ainsi qu’un facteur de sécurisation des relations commerciales.